Canola

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1. Le canola c’est quoi ?

 

Le canola a été mis au point grâce à l'amélioration génétique conventionnelle du colza, une plante oléagineuse déjà utilisée dans les civilisations anciennes comme combustible. Les variétés de Brassica sont parmi les plus anciennes plantes cultivées par l'humanité, comme le montrent les documents retrouvés sur leur utilisation en Inde il y a 4 000 ans et en Chine et au Japon il y a 2000 ans. (1) La deuxième guerre mondiale provoquant la hausse de la demande de lubrifiant et bloquant les sources européennes et asiatiques d'huile de colza, une pénurie critique s'est développée et le Canada a commencé à étendre sa production limitée de colza.

De lubrifiant à huile alimentaire


Après la guerre, la demande a fortement diminué et les agriculteurs ont commencé à chercher d'autres utilisations aux usines de production et au colza. Cependant, l’huile de colza contenait une forte concentration d'acide érucique pouvant avoir des impacts néfastes sur la santé. Dans les années 70, des chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et de l’Université du Manitoba, s’appuyant sur des techniques traditionnelles de culture sélective des plantes, réussissent à développer la culture du Canola. Du fait de son origine 100% canadienne, le Canola tient son nom de la contraction de Canada et de ola qui signifie « huile ».
L'huile de canola est fabriquée dans une usine de transformation en chauffant légèrement puis en écrasant la graine. La majorité de cette huile est destinée à la consommation humaine comme huile de cuisson (friture) et est largement utilisée dans les aliments transformés. Le tourteau, un sous-produit du canola, est utilisé comme supplément protéique pour nourrir les animaux, y compris en aquaculture. Le canola est aussi employé  pour produire du biodiésel et d’autres produits commerciaux, dont des lubrifiants industriels et des encres. Moins de 1% de la culture de canola au Canada est utilisée pour le biodiesel; ce pourcentage devrait rester faible jusqu'à ce que de nouvelles usines de biodiesel entrent en production (2).

 

2. Qui produit du canola GM ?

 

En 2016, la superficie mondiale de canola génétiquement modifié (GM) était d’environ 8,5 millions d'hectares soit la quatrième culture GM par son importance et représentant ainsi 14% des superficies mondiales d’OGM. 100% du canola génétiquement modifié a été mis au point pour tolérer un herbicide.

À travers le monde, environ 1/4 du canola est GM (2). Le Canada est, de loin, le plus gros producteur avec 7,53 millions d’hectares de cultures de canola GM en 2016, soit 92% de toutes les surfaces mondiales. Il existe trois autres pays qui produisent actuellement du canola GM: les États-Unis (0,62 millions d’hectares), l’Australie (0,05 millions d’hectares) et le Chili (0,002 millions d’hectares) (2). Avec le blé, le canola est la plus grande culture du Canada. Principalement cultivées dans les prairies et en Alberta, les semences de canola sont principalement exportées en Chine, au Japon et au Mexique. L’huile de canola, est quant à elle, majoritairement vendue aux États-Unis. En 2016, au Canada, 93% des cultures de canola étaient génétiquement modifiées.


Québec


Le canola est peu cultivé au Québec, d’après les derniers chiffres disponibles de l’Institut de la Statistiques du Québec (3). 13 000 hectares de canola ont été plantés, principalement dans le Bas Saint-Laurent, au Lac St-Jean et en Abitibi. Il n’existe pas de statistiques officielles sur le pourcentage de cultures de canola GM au Québec mais le gouvernement l’estime à 90%. En 2009, la production de canola biologique était de 1 785 hectares, soit environ 0,02 % de la totalité du canola cultivé. Ce faible pourcentage s’explique par le risque élevé de contamination du canola et cela même à une grande distance.

Fin 2017, le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) a détecté pour la première fois au Québec une herbe résistante au glyphosate: la moutarde des oiseaux. Cette dernière est une plante apparentée au canola. La plante a été trouvée dans un champ de maïs du centre du Québec. Suite à des tests moléculaires, il a été démontré que la présence du transgène de résistance au glyphosate provenait du canola cultivé.

Au Québec, il n’existe plus qu’un seul producteur de canola biologique, soit la Ferme Tournevent au Lac Saint-Jean.

 

3. Pourquoi on le modifie ?

 

Dans le monde et au Canada, 100% du canola GM sur le marché est tolérant aux herbicides: à l’herbicide Roundup de Monsanto à base de glyphosate (Roundup Ready) et à l’herbicide Liberty de Bayer à base de glufosinate-ammonium (Liberty Link).

 

4. Problématiques

 

Augmentation des pesticides


L’utilisation répandue des cultures de canola tolérantes aux herbicides ont engendré le développement de résistances et l’apparition de « super mauvaises herbes ». C’est la mise en place d’un véritable cercle vicieux dans l’utilisation des pesticides, dont les impacts sont importants pour l’environnement et pour les agriculteurs.

 

Contamination


Le canola est considéré comme une plante à risque élevé en ce qui attrait à la contamination génétique. En effet, son taux de pollinisation croisée, c'est-à-dire sa faculté à se «reproduire» avec ces voisins est assez élevée. Mais, c’est surtout la distance potentielle de pollinisation qui est problématique. Certaines études montrent que le croisement peut se faire sur des distances allant entre 1,5 km et 4 km. (4)

Le canola est aussi considéré comme une plante pérenne, c’est à dire qu’il est possible d’en trouver dans un champ des années après la fin de la production. Le canola peut aussi se croiser avec des espèces sauvages comme la moutarde des oiseaux (5). Au Canada, on a découvert que des populations de canola sauvage étaient devenues tolérantes aux herbicides comme le glyphosate, le glufosinate et l’imidazolione.(4)

 

(1) Snowdon R et al. "Oilseed Rape". Chapter 2 in Genome Mapping and Molecular Breeding in Plants: OIlseeds. Ed, Chittaranjan Kole. Springer, 2007. (en ligne)
(2) James, C. (2016). Global Status of Commercialized Biotech/GM Crops: 2016. ISAAA brief No. 52. International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA): Ithaca, NY. (en ligne)
(3) Institut de la Statistique du Québec, Tableau statistique - Superficie des grandes cultures, rendement à l'hectare et production, par région administrative, Québec, 2016. (en ligne)
(4) Enjeux et approches concernant l’atténuation des risques liés à la présence adventice de produits génétiquement modifiés dans les cultures biologiques au Canada, Eco-Ressources Consultant, Juin 2012.
(5) Warwick, S. I., Simard, M.-J., Légère, A., Beckie, H. J., Braun, L., Zhu, B., Mason, P., Seguin-Swartz, G. and Stewart, C. N. 2003a. Hybridization between transgenic Brassica napus L. and its wild relatives: Brassica rapa L., Raphanus raphanistrum L., Sinapis arvensis L. and Erucastrum gallicum (Willd.) O.E. Schulz. Theor Appl Genet 107:528–539.

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